
Les Editions Fayard ont choisi pour la parution du dernier roman d’Ottessa Moshfegh, L’ Agnus Dei, (1635-1640) de Francisco de Zurbarán comme couverture.
La toile, qui représente un agneau innocent et calme, est la représentation du corps du Christ, décrit dans l' Évangile de Jean comme « l' Agneau de Dieu ».
L’animal, placide sur un fond noir, a la tête ceinte d’une fine auréole d’or, attaché aux pattes en vue du sacrifice : son consentement est bouleversant.
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« Marek ne lui manquait pas, même s'il lui arrivait - dans ces moments où, tard le soir, la fin le taraudait au point de le faire presque sombrer dans la folie - de se dire qu' en effet, si le garçon s' était trouvé chez lui, il aurait pris plaisir à le regarder mourir d’inanition. La noirceur de ces réflexions l’aurait troublé s' il avait eu l' énergie de se sentir troublé. Il priait encore chaque matin et chaque soir. Se donnait encore des coups de fouet le vendredi. |
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Résignation et acceptation, sont le lot du protagoniste de Lapvona et de tous ses habitants. Ignoré par ces derniers, Marek, adolescent difforme, disgracieux et crasseux, vit seul avec un père berger qui le rejette et le bat. Sa seule croyance : Dieu, qui le rapproche de sa mère défunte. Son destin bascule, lorsqu’il tue accidentellement Jacob, fils du Seigneur, lequel pour punir Marek, l’adopte comme fils de substitution. Cela commence bien me direz-vous, mais c’est sans compter le décor dans lequel le récit est planté. Nous sommes en plein Renaissance, dans l’art du monstrueux qui ne cesse de sculpter dans la pierre des hommes et des monstres, liés dans un même dessin providentiel. Ce roman violent, qui s’ouvre sur des meurtres, des empalements, des mutilations, des viols, nous offre le spectacle d’un monde où chacun se bat pour survivre. La famine frappe le village : Villam, (despote- dégénéré- monstre) seigneur du domaine, retient l’eau pour les jardins de son manoir perché en haut d’une colline. S’en suivent des descriptions à donner des hauts le cœur. Mais pourquoi s’infliger une telle lecture, si sombre, intrigante, provoquante etcomplexe ? Cela tient évidemment à la prose précise et cinglante d’Ottessa Moshfegh, qui emmène son lecteur dans le magma en pleine ébullition de son imagination avec une capacité à créer des personnages mémorables qui font douloureusement écho à notre monde contemporain. Le style d' écriture d' Ottessa Moshfegh est souvent décrit comme sombre, provocant et introspectif. Elle explore les aspects sombres et complexes de l'expérience humaine à travers ses personnages, en mettant l' accent sur les côtés moins agréables de la vie.. Moshfegh est également louée pour sa capacité à créer des atmosphères riches et oppressantes qui immergent les lecteurs dans les mondes qu' elle crée. Ces « monstres » nous rappellent la monstruosité de l’humain plutôt que sa divinité. Ils nous BO du livre : Arvo Part ; Fratres (1977)
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