
Du scalpel au brun de momie.
Après Les Enténébrés (Seuil 2019 , prix de la Closerie des Lilas) et Saturne (Seuil 2020), Sarah Chiche s’affranchit d’un cycle à la verve autobiographique en signant cette fois une pure fiction. Enfin presque. Deux voix de femmes portent le récit successivement. La première, est celle de Camille Cambon, médecin légiste, entourée par des « carabins » à l’humour potache, côtoie la mort au quotidien. Femme de notre temps, courageuse, drôle et brillante, elle est toutefois complètement dépassée par la maternité au moment où sa fille est en pleine crise d'adolescence. Mais surtout, c'est une femme pour qui l'amour n'est pas le centre de gravité. Elle a pas nécessairement besoin d'une partenaire ou d'un partenaire pour s'épanouir dans l'existence. Ce qui l'aimante, ce qui la fait vibrer, c'est vraiment la recherche, la passion de la médecine et de la science. Or, Camille reçoit un soir un mail énigmatique où il est question du peintre Francisco de Goya et de son crâne, dont on sait que, après son inhumation en 1828, il a été volé du jour au lendemain. C’est là que le récit bascule. Camille part à Bordeau rejoindre celle qui va lui raconter la jeunesse de ses parents et de son parrain, qui, avant de devenir des scientifiques de renommée internationale, se sont beaucoup intéressés à la vie de Goya. et à la partie secrète des catacombes de Paris … Si chaque personnage relève de la fiction, tous les éléments concernant Goya sont l’aboutissement d’un travail documentaire pointu où l’on découvre les mille vies du peintre. D’abord peintre de cour, puis foudroyé par une atteinte neurologique, devient le peintre aux fonds noirs, témoin des vices et des vertus de son époque, dont les tableaux résonnent encore de véracité à notre époque. Les habits ou costumes changent, pas l’âme humaine. C’est un véritable roman d’aventure, picaresque, où l’on traverse le siècle des lumières jusqu’à la création d’une mystérieuse société secrète de médecins. Un livre étonnant, une fresque captivante pour découvrir les origines du génie, la recherche éperdue d'absolu, le pouvoir obscur et merveilleux de l’art. |
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La Bande Originale du livre: Ici Julian Bream | Tonadilla: "La Maja de Goya", Enrique Granados
