Que recherche-t-on lorsque l'on ouvre un livre ? Sans doute cela dépend il de mille facteurs mais une chose est certaine en entamant Amaurose : si on ne le sait pas le recueil de nouvelles d'Angela Nicolaï vient nous

arracher sans ménagement à nos incertitudes pour un périple autour du monde et au plus profond de nous-même.

Dans la lointaine province de la Basilicate, on ne sait trop sous quels auspices – sacrés ou païens – un enfant est abandonné devant la porte d’une église. Marchera-t-il dans la foi ou accompagnera-t-il l’antique Maciara, complice de l’agonie ? Bien plus loin, dans une Islande désolée s’éveillant à sa modernité, d’étranges rites sanguinaires unissent encore les hommes par-delà la vie et la mort… Et en d’autres décors, d’autres temps, d’un lupanar rouannais du XIXe siècle aux plaines mourantes où les Sioux livrent la dernière danse de leur histoire, tout est mystère, initiation.

 

Pas de jet privé et d'hôtels luxueux, l'auteure nous embarque sur les chemins secrets, escarpés et sinueux, traversant les forêts et montagnes peuplées de forces mystiques oubliées prêtes à ressurgir pour nous posséder.

L'écriture est tissée comme une tapisserie médiévale dont les fils sont les lieux, les époques et les personnages qui les traversent. Le récit, foisonnant de détails et enrichi de mots rares ou perdus, reflète un travail de recherche hors du commun tout en restituant le plaisir éprouvé par Angela Nicolaï dans cette tâche.

Amaurose vous transportera à travers les continents et le temps avec la perception trouble que tout se passe en vous tant les textes viendront vous mettre à l'épreuve là où peu d'auteurs ont osé s'aventurer.

Et tant pis pour ceux qui, par peur de sortir de leur zone de confort, passerez à côté. Dans vos lectures comme dans la vie vous aurez manqué une occasion de devenir meilleur.

François Cucchi.